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ZEPPELIN

 

  ZEPPELIN

 

Année : 1971
Pays : USA
Genre : guerre
Durée : 1h 37 min.
Couleur

Réalisateur : Etienne Périer
Scénario : Donald Churchill, Owen Crump

Acteurs principaux :
Michael York (Geoffrey von Richter-Douglas), Elke Sommer (Frau Dr. Ericka Altschul), Peter Carsten.(Major Tauntler), Marius Goring (Professeur Christian Altschul), Anton Diffring (Colonel Johann Hirsch), Andrew Keir (Von Gorian), Rupert Davies (Capitaine Whitney), Alexandra Stewart (Stephanie), William Marlowe (Commandant Anderson), Richard Hurndall (Amiral Blinker Hall)

Musique : Roy Budd
Photo : Alan Hume
Producteur : Owen Crump, J. Ronald Getty, Leon Fromkess

Compagnie productrice : Getty & Fromkess Corporation -Warner Bros. Pictures

 

Notre avis : 

Le début des années soixante dix semble renouer avec le goût, du moins chez les producteurs, pour les films d’aviation se passant lors de la première guerre mondiale, très nombreux dans les années trente. En 1970, était sorti « Darling Lili », une comédie avec espionne et beau militaire, et la même année, «Le baron rouge », un film plus sérieux qui traitait de l’évolution de l’arme aérienne passée en peu de temps, du combat singulier à l’abattage de masse. ZEPPELIN est un de deux films anglophones tournés par le très éclectique réalisateur belge Etienne Perrier. Ce ne fut pas un grand succès malgré la présence de la belle Elke SOMMER. En 1971, les spectateurs préféraient aller voir « The french connection ».

Quand la première guerre mondiale éclate, l’officier Geoffrey Richter-Douglas se trouve dans une situation délicate. Bien que britannique, ou plus exactement écossais, sa famille maternelle appartient à une ancienne famille aristocratique bavaroise..Quand il est approché par une espionne allemande qui lui offre une chance de rejoindre l’Allemagne, il en réfère à ses supérieurs. Ceux ci lui proposent d’accepter et de leur fournir de précieux renseignements sur le nouveau super Zeppelin, le LZ-36 construit par un de ses anciens amis, le professeur Altschul. Von Richter-Douglas se rend donc secrètement en Allemagne et se fait admettre sans trop de problèmes dans l’armée allemande. Il retrouve le professeur Altschul dont la femme est la seule à émettre des doutes sur la sincérité de sa défection. Il est néanmoins invité à participer au premier vol d’essai avec Altschul et son épouse ! Mais ce vol d’essai est en fait un raid organisé contre un château en Ecosse qui détient dans ses coffres les joyaux de la couronne et la « Carta magna », un très précieux manuscrit du XIII° siècle qui est à la base de la constitution britannique. Cette opération est censée détruire le document et porter ainsi un coup fatal au moral des Anglais. Geoffrey qui doit guider le dirigeable n’arrive pas à avertir ses correspondants et doit participer à l’attaque. Après un moment de flottement, la garnison anglaise se ressaisit et les Allemands doivent réembarquer précipitamment avec de nombreuses pertes. Au dessus de la mer il sont assaillis par des chasseurs anglais placés en embuscade. Le zeppelin, ses cellules de gaz percées, descend inexorablement vers la surface de la mer. Heureusement, il touche l’eau à faible distance de la côte ; Geoffrey et la belle Frau Altschul peuvent regagner le bord à la nage avant que le dirigeable n’explose.

Il va sans dire qu’un tel scénario est des plus osés. Le vol de documents anciens n’aurait sans doute pas empêché l’Angleterre de continuer la guerre, d’autant qu’il existe plusieurs copies très anciennes, certifiées conformes, de la « Carta magna » ! Il est bien vrai qu’un zeppelin, le L-14, atteignit l’Ecosse en mai 1917 et s’écrasa au retour, sur les côtes norvégiennes vers Stavanger. Mais il était là, à la limite de son rayon d’action ; quant à déposer un commando c’est une autre histoire. En outre, le LZ-36 entreprend ce raid militaire de plus de deux mille kilomètres, lors d’un vol d’essai, emmenant l’ingénieur en chef et son épouse ! Cela est fort éloigné des règles strictes de la marine impériale en temps de guerre. Ce que les aérocinéphiles retiendront de ce film c’est surtout le zeppelin lui même, très bien réussi qui rappelle celui de « Hell’s angels »

 

Les avions du film :

La réalisation technique du film est bien meilleure que le scénario. On utilisa un grand modèle réduit radio commandé. Le LZ-36 a bien existé, et vola pour la première fois le 8 mars 1915. Il appartenait à la Marine et portait en réalité la désignation L-9. Ce dirigeable fit soixante quatorze  missions de reconnaissance en mer du Nord, quatre misions de bombardement sur l’Angleterre et mena plusieurs attaques de sous marins. Il prit feu et fut détruit dans son hangar à Fuhlsbuttel le 16 Septembre 1916, avec le L-6. Mais ce dirigeable de type O assez ancien, ne correspond pas celui qu’on voit dans le film équipé de six hélices, au lieu de trois. Le zeppelin du film correspond à un dirigeable de type R et serait plutôt le L-36 (LZ-82) qui vola le 1° novembre 1916 et fut perdu le 7 février 1917 après un amerrissage, comme dans le film. C’était un dirigeable capable d’atteindre 7000 mètres afin d’échapper à la chasse, une performance évoquée par le scénario.

Les décors restituant l’intérieur des cabines et de la coursive de quille sont tout à fait réalistes. La nacelle d’observation descendue sous les nuages est un détail véridique (Cf. « Hell’s angels ») mais peu utilisée par les dirigeables de la Marine, la jugeant trop lourde avec son treuil (500 kg). Cette nacelle monoplace, et non biplace comme dans le film, était utilisée pour guider, par téléphone, le dirigeable qui restait au dessus de la couche, évitant ainsi les projecteurs. La scène de l’atterrissage dans un champ en Ecosse, en pleine nuit, dans le black out le plus total, est invraisemblable. Un zeppelin de type R de 196 m de long ne se posait pas comme un hélicoptère; il demandait une nombreuse équipe de réception au sol, d’autant qu’à l’époque, on n’avait pas encore inventé le mat d’amarrage, que ce soit sur terre ou sur un bateau comme on le voit dans le film.. Cette technique ne sera mise au point que dans les années vingt.

Six SE.5 transfuges de « Darling Lili », repeints en kaki RFC, attaquent le zeppelin. Mais là encore, il y a anachronisme. Les RAF SE.5 n’apparurent qu’en juin 1917, bien après la destruction du L-36 ! Sinon, l’attaque n’est pas mal filmée et on la comparera avec profit à la version virtuelle de « Fly boys » (2006). Il est exact que les zeppelins étaient des « durs à cuire », si l’on peut dire.. En l’absence de munitions spéciales, les balles traversaient les cellules d’hydrogène sans les faire exploser (c’est le mélange hydrogéne-oxygene qui explose, pas l’hydrogène seul). Mais des balles incendiaires et explosives furent mises au point dès avant la guerre et ne cessèrent d’être améliorées.

Enfin, rappelons que le tournage du film fut marqué par un accident grave quand un avion et un hélicoptère se percutèrent en vol tuant quatre personnes, dont le cameraman Skeets Kelly.

 

Christian Santoir

* Film disponible sur  amazon.fr

 

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