Rechercher dans ce blog

UN MARIDO A PRECIO FIJO

 

 UN MARIDO A PRECIO FIJO

(Un mari à prix fixe)

 

Année : 1942
Pays : Espagne
Durée : 1 h 44 min.
Genre : comédie
Couleur

Réalisateur : Gonzalo DELGRAS
Scénario : Luisa-María LINARES, Margarita ROBLES

Acteurs principaux :
Lina YEGROS (Estrella Villar), Rafael DURAN (Miguel Rivera), Luis VILLASIUL (Don Nico), Jorge GREINER (Julio Arnaiz), Lily VINCENTI (Condesa), Ana María CAMPOY (Fifí), Leonor FABREGAS (Linda).

Musique : José Ruiz de AZAGRA
Photographie : Willy GOLDBERGER
Compagnies productrices : Compañía Industrial Film Español S.A. (CIFESA), UPCE

Avions :

  • -De Havilland DH.87A Hornet, EC-CAI, c/n 8039
  • -Junkers Ju52/3m, EC-AAJ, c/n 4073, document.
  • -Latécoère 521, F-NORD, c/n 1, document.

 

Notre avis :

Cette comédie a été tourné aux Baléares avec un scenario centré sur la fille d'un milliardaire qui passe son temps à festoyer avec des membres la haute société, alors que l'Espagne de Franco se relevait à peine d'une guerre civile particulièrement sanglante et qu'une grande partie de la population devait faire face à la misère. Quant au reste de l'Europe…

Estrella, est la fille du "roi du bitume synthétique", un richissime industriel. Elle au centre de la press people, ce qui contribue à faire, indirectement, de la publicité à son père. Après une dispute, elle quitte son petit ami, un homme plutôt ennuyeux et part voyager dans le monde. Dans un hôtel, elle rencontre Eric, qu'elle épouse civilement, vingt jours plus tard. Mais celui-ci la quitte, en emportant son argent et sa boite à bijoux, alors qu'ils rentraient par train ! Estrella est choquée. Elle rencontre peu après, dans le train, un homme qui n'a pas de billet, un certain Miguel. Ne voulant pas paraître ridicule devant sa famille et ses amis, auxquels elle avait annoncé son mariage, elle lui propose de passer pour son mari en échange de dizaines de milliers de pesos. Miguel a un passé, c'est un pilote vétéran qui a combattu pendant la guerre civile, du côté des Nationalistes. Tout se passe bien jusqu'au jour où Miguel, lassé des réceptions mondaines, embarque Estrella dans un avion, pour se poser en pleine montagne. Miguel lui annonce qu'ils vont y passer leur lune de miel. Estrella n'est guère d'accord…Ils sont tous les deux dans un chalet loin de tout. Estrella essaie de s'enfuir et Miguel tombe malade en partant à sa recherche, en pleine tempête. Estrella prend bien soin de lui, et s'occupe de la maison comme une vraie femme au foyer. Mais, quand Miguel est guéri, après mûre réflexion, il décide de mettre fin à cette mascarade. Après une sorte de dîner d'adieu, ils retournent aussitôt à la maison. Miguel se prépare à partir pour Buenos-Aires, quand il reçoit un télégramme d'Estrella qui lui annonce la mort de son père. Il la rejoint et ils ont une explication. Selon les dernières volontés de son père, elle doit être mariée pour hériter. Elle accuse Miguel de l'avoir piégée, mais il lui affirme qu'il n'est pas un voleur, même si c'est vrai que c'est lui qui avait organisé leur rencontre dans le train, mais pas pour ce qu'elle croit (il était journaliste et s'était fait passer pour un pickpocket pour mieux l'approcher et réaliser un scoop). Il lui propose de l'épouser, tout en lui jurant qu'il ne touchera pas un seul centime de son héritage. Elle accepte et ils se marient très discrètement, à l'église, et se séparent aussitôt après. Plus tard, quand Miguel, dans le train, entre dans son  compartiment, il a la surprise d'y retrouver Estrella. Cette fois, ils se sont définitivement retrouvés...

Ce film aura une version française, "Un mari à prix fixe" en 1964, avec Anna Karina et Roger Hanin.

Un seul avion participa au tournage, de nuit, un rescapé de la guerre civile.

 

Les avions du film :

Au début du film, derrière un speaker, en filigrane, on aperçoit le Latécoère 521 (F-NORD, c/n 1), baptisé "Lieutenant de Vaisseau Paris" qui décolle, vu sur un extrait d'images d'archives. Cet hydravion fut réceptionné en 1934 et fit son premier vol à Biscarosse le 10 janvier 1935. En septembre 1935, il s'envola pour Dakar, Natal et rejoignit les Antilles françaises pour le tricentenaire de la colonisation. Puis, il poursuivit sa route vers la Floride, à Pensacola, où il fut gravement accidenté par une tempête. Réparé en France, en 1937, il fut pris en charge par la Compagnie Générale Transatlantique. Il fit alors plusieurs vols vers Natal, mais aussi vers New-York en 1938 et 1939 en passant par les Açores, ou Terre Neuve, comme en juillet 1939. Mais il ne transporta jamais de passagers…En 1940, le Laté 521 fut affecté à l'unité de reconnaissance E6 et effectua des patrouilles sur l'Atlantique nord. En juin 1940, basé au Maroc, à Port Lyautey, il rejoignit l'étang de Berre. Sans activité durant quatre ans, il fut stocké et détruit en août 1944, par un bombardement aérien.

Toujours en filigrane, apparaît rapidement et peu distinctement, un bimoteur ressemblant à un Douglas DC-2, un type d'avion qui faisait partie de la flotte d'Iberia, au début des années 40.

Après il faut attendre 58 minutes pour voir un autre avion.

Estrella est emmenée, de nuit, par Miguel dans un De Havilland DH.87A Hornet (EC-CAI, c/n 8039), le seul avion employé par le tournage. L'avion porte sur son gouvernail les couleurs espagnoles recouvertes, en partie, par l'insigne des Nationalistes (un joug et un faisceau de flèches rouges sur fond noir, comme tous les avions civils espagnols au début des années 40.

Arrivé en Espagne en décembre 1935, avec le matricule temporaire "EC-W51". Il fut d'abord enregistré "EC-EBE" le 18 janvier 1936, au nom de Frederico Valles Gil, marquis de San Jaoquin, membre de l'aéroclub de Castellon / Valence. Au début de la guerre d'Espagne, il fut réquisitionné par les Républicains et intégré dans l'escadrille "Alas Rojas". En 1939, l'avion était abandonné sur la base d'Albacete et il fut rendu à la veuve de son propriétaire, le 23 octobre 1939. Les Nationalistes l'avaient récupéré à la fin de la guerre et il fut immatriculé EC-CAI, le 10 février 1941. En mars 1948, le pilote catalan Juan Balcells Anter l'acquit, avec le nouveau matricule "EC-ACA". En octobre 1952, il fut vendu à l'aéroclub de Vizcaya, qui, incapable d'assumer les frais d'une grande visite, le revendit, en octobre 1957, à la société CETFA (Compana Espaola de Trabajos Fotogrametricos Aereos) qui, après sa révision à Santander, l'utilisa pour réaliser des travaux de photogrammétrie aérienne, principalement en Catalogne. En novembre 1958, il fut acquis par Manuel de la Rica y de la Sota, avant d'être retiré du service, en octobre 1961, sur l'aéroport de Castejon de Monegros (Huesca). En janvier 1976, l'aéroclub de cet aéroport le racheta et le remit en état de vol. Il fut récupéré en 1982, en piteux état, par Pablo de Winnet, un Suisse, membre de l'aéroclub. Il en fera don, en 2002, au musée de Cuatro Vientos (Museo de Aeronáutica y Astronáutica o Museo del Aire). Sa restauration commencera peu après, confiée par le Service historique et culturel de l'armée de l'air (SHYCEA) à la société Bucker-Prado, basée à Albacete, puis, en 2009, à la Maistrance Aérienne d'Albacete (MAESAL) qui acheva le travail. En 2013, l'avion était enfin complètement restauré pour être exposé, dans un hangar, sous les couleurs de l'armée de l'air républicaine, avec le faux code "TH-001".

Miguel et Estrella quitte leur chalet de montagne en avion, mais qui apparemment n'est plus un Hornet biplan, mais un monoplan bimoteur, vu du sol et de trop loin pour être valablement identifié.

Aperçu rapidement sur un extrait de documentaire, on voit décoller le Junkers Ju52/3m "EC-AAJ" (c/n 4073) de la compagnie Iberia. Il commença sa carrière au sein de la Lufthansa (DLH) en 1935, avec le matricule "D-AVUL" et le nom "Bruno Rodschinka". Il fut vendu en 1938 à une société écran, la HISMA (Sociedad Hispano-Marroquí de Transportes SL), fondée par un Espagnol et un Allemand, et basée au Maroc, à Tétouan; l'avion (M-CABB) faisait du transport pour les Nationalistes, entre l'Allemagne et le Maroc, avec le nom de "Morato". En 1939, il reçut l'immatriculation provisoire "EC-W11", et fut transféré à Iberia, avec le matricule "EC-AAJ" en février 1941, qui le baptisa "Guadalquivir". En août de la même année, il s'écrasa à Son Bonet (Majorque) en tuant ses neuf passagers...

 

Christian Santoir

 *Film disponible sur YouTube

 

Enregistrer un commentaire

Copyright © Aeromovies. Designed by OddThemes