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AIRPORT 80

AIRPORT 80

Vo. The Concorde : airport 79

 

 

Année : 1979
Pays : Etats-Unis
Genre: catastrophe
Durée : 2 h 03 min
Couleur

Réalisateur : David Lowell Rich
Scénario : Arthur Hailey , Jennings Lang

Principaux acteurs :

Alain Delon (Commandant. Paul Metrand), Susan Blakely (Maggie Whelan), Robert Wagner (Dr. Kevin Harrison), Sylvia Kristel (Isabelle), George Kennedy (Commandant Joe Patroni), Eddie Albert (Eli Sands), Bibi Andersson (Francine), Charo (Margarita), John Davidson (Robert Palmer), Andrea Marcovicci (Alicia Rogov)

Musique : Lalo Schifrin
Photographie : Philip H. Lathrop
Producteur: Jennings Lang

 

Notre avis :

Ce film est le dernier de la série Airport où l'on retrouve George Kennedy, alias Joe Patroni, en sauveur, mais cette fois ci, comme pilote, aux cotés d'Alain Delon, qui courtise l'hôtesse Sylvia Kristel (cf. "Emmanuelle"), une habituée des cockpits…Le réalisateur est un spécialiste des téléfilms et des serials, et on peut comprendre qu'il ait accepté de mettre en scène un scénario aussi rocambolesque, avec des dialogues aussi débiles. Ce film comporte, non pas une, mais trois histoires, visant toutes à détruire le Concorde. Comme dans tout film catastrophe, les passagers sont triés sur le volet : une gymnaste soviétique amoureuse d'un capitaliste américain, une mère qui transporte un cœur pour son fils qui attend une transplantation, le président de la compagnie aérienne, un saxophoniste qui passe son temps aux toilettes, (pour fumer des joints), un entraîneur russe avec sa petite fille sourde-muette, une dame âgée avec des problèmes de vessie…

Jim Gavin fut chargé de toutes les scènes aériennes. Leur coût, avec la location du supersonique, du Learjet caméra de Clay Lacy venu des Etats-Unis, revenaient à plus de 50.000 $ l'heure de vol. C'est Jean Franchi, pilote d'essai de l'Aerospatiale, qui pilota le Concorde et fut conseiller technique du film. Selon Gavin, ce tournage fut sans doute un des plus difficiles auxquels il participa. Du fait du coût horaire très élevé, il n'y avait pas place à l'erreur. Un hélicoptère Jet Ranger fut utilisé comme plateforme stationnaire pour filmer le Concorde au dessus des Alpes. Pour les autres vues, on utilisa le Learjet équipé d'un système "Astrovision", une camera télécommandée capable de filmer les avions à hautes performances, sous tous les angles.

Le nom du film changea de date, quand il parut en Europe, en 1980, plusieurs mois après sa sortie aux Etats-Unis, en août 1979.

Le riche fabricant d'armes, le Dr. Kevin Harrison, a un problème. Sa petite amie, la journaliste Maggie Wheelan, le soupçonne d'avoir livré des armes aux Russes et à des pays du Tiers Monde en guerre. Alors qu'elle s'apprête à prendre le Concorde de la World Airlines qui effectue  son vol inaugural vers Paris et Moscou, la veuve d'un collaborateur de Harrison qui a été assassiné la veille, chez elle, lui remet des documents confidentiels confirmant ses soupçons. Harrison décide donc de faire abattre l'avion ! Le Concorde est piloté par les commandants Metrand et Joe Patroni. Alors qu'il décollent, Harrison reprogramme un missile anti aérien fabriqué par sa firme, et qui doit être essayé ce jour. Au lieu de se diriger vers l'avion cible, le missile se dirige droit sur le Concorde. Des avions de chasse américains le détruisent juste au moment où il allait percuter le supersonique. Le vol continue néanmoins sur Paris. C'est en approchant des côtes françaises que le Concorde est de nouveau attaqué par un chasseur inconnu, qui tire sur lui plusieurs missiles. Patroni arrive à le leurrer en tirant une fusée éclairante par une fenêtre du cockpit ! Le Concorde échappe une fois de plus aux missiles, quand Metrand arrête les moteurs. L'agresseur est abattu par la chasse française arrivée à la rescousse. Patroni et Metrand remettent les moteurs en route alors qu'ils sont au ras de la mer. Le Concorde qui a subi des dégâts électriques et hydrauliques se pose enfin au Bourget, où on a mis en place trois barrières d'arrêt, car il n'a plus de frein. Entre-temps, Harrison a pris son jet privé pour se rendre à Paris. Après une nuit passée à Paris, l'équipage et les passagers réembarquent pour leur destination finale, Moscou. Ce laps de temps a été mis à profit par les hommes d'Harrison pour saboter le Concorde. Au dessus des Alpes, une porte de la soute s'ouvre et provoque une décompression qui endommage le fuselage. Ne pouvant atteindre l'aéroport de Munich, l'avion doit se poser en pleine montagne, en Autriche, après que les services de secours aient préparé le terrain. Le Concorde se pose sur un tapis de poudreuse dans laquelle il disparaît. Après que les passagers aient été évacués, l'avion s'enflamme ! Harrison dans son avion, apprend à la télé que Maggy est toujours vivante et qu'elle s'apprête à faire des révélations sensationnelles…

Ce film suscita des rires dès son avant première, et continua a suscité l'hilarité dans les salles, par la suite, au point qu'on le présenta parfois comme un film comique ! Il bat en effet les records d'invraisemblances. On voit le Concorde faire un looping, partir en vrille et effectuer de multiples tonneaux, comme un chasseur. Même lors des essais, les différents pilotes (dont André Turcat) ne tentèrent pas de tonneaux, ni de loopings, encore moins de vrille. Ils ne firent que des essais de décrochage, et avec un avion muni d'un parachute pour eviter les cabrages excessifs. Pour leurrer les missiles à directeur infra rouge, Patroni passe le bras par la fenêtre pour tirer une fusée éclairante ! A Mach 2 ou à 800 km/h, l'effet sur son bras aurait été immédiat. Puis, Metrand coupe les moteurs, ce qui n'aurait pas empêché le missile à guidage infra rouge de frapper les moteurs encore chauds. On ne voit pas aussi, comment pilote et copilote, sans aucune visibilité vers l'arrière, et sans système d'alerte, peuvent éviter les missiles qui arrivent par ce secteur. L'avion se pose au Bourget en emportant deux barrières d'arrêt. Il n'y avait aucune barrière d'arrêt au Bourget, seuelment à Toulouse, lors des essais du Concorde. Au sol, après ces cabrioles, le Concorde aurait du être immobilisé pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, ne serait-ce que pour inspecter le fuselage et la structure des ailes. Une heure de vol (normale) demandait jusqu'à quatorze heures de maintenance. Mais le Concorde du film repart au bout de vingt quatre heures. Au dessus des Alpes, la décompression provoque de graves dégâts au fuselage et le plancher commence à céder, le président de la compagnie manquant de passer à travers ! Mais l'avion continue de voler, et il va même se payer le luxe d'un atterrissage sur le ventre (soit disant pratiqué par Métrand en simulateur..) tout en restant intact. On remarque que le nom de la compagnie qui vient d'acheter le Concorde, la World Airlines, rappelle que la TWA (Trans World Airlines) avait en 1965, pris plusieurs options sur le Concorde, avant de les annuler.

A coté de ces exploits, la traversée de l'Atlantique d'un seul coup d'aile, par le Dassault Falcon 20 (rayon d'action : 3300 km) d'Harrison passe inaperçue.

Que venait faire Alain Delon dans cette galère supersonique ? Il déclara dans un magazine que c'était pour promouvoir son image à l'étranger…Tragique méprise ! Ce film avec ses outrances, est une contre publicité pour l'acteur, comme pour l'avion de l'Aerospatiale. On savait que certains Américains ne voulaient pas de Concorde sur leur territoire, comme il est rappelé au début du film, par les opposants en montgolfière. C'est à croire que ces opposants  ont produit le film ! "Airport 79" n'est pas un film catastrophe, c'est une catastrophe ! Néanmoins, le Concorde reste un magnifique avion à regarder (très haut au dessus de la couche, ou au milieu des montagnes enneigées), et son aspect majestueux impose le respect. Il faudra encore attendre longtemps avant de revoir un aussi bel oiseau. Aujourd'hui, les avions, comme les hommes, tendent à l'obésité (A380)…

 

Les avions du film :

Le Concorde du film était le septième appareil construit (s/n 203, F-WTSC puis F-BTSC). Ayant fait son premier vol de 31 janvier 1975, il fut loué à l'Aerospatiale. Air France l'acquit en juin 1979, pour un franc symbolique en remplacement du F-BVFC accidenté au decollage de Washington-Dulles (éclatement d'un pneu, et perforation des reservoirs et de l'aile gauche..). Par une étrange coïncidence, cet avion sera celui qui s'écrasera au décollage à Roissy, le 25 juillet 2000, pour les mêmes raisons, après qu'un de ses pneus ait roulé sur une pièce métallique, tombée d'un avion américain qui l'avait précédé (thése officielle…).

Patroni descend d'un Learjet de Federation World Airlines qui était, en fait, le Learjet 25 (N564CL) de Clay Lacy. On remarquera son nez, muni d'un système de prise de vues Vectorvision. Le jet privé d'Harrison est un Dassault Falcon 20GF (c/n 145/443, F-BPJB) à très (trop) long rayon d'action…

Au Bourget, un hélicoptère Bell 206B Jet ranger (F-BUIA) vient chercher la mère transportant le cœur pour son fils.

Ce sont deux F-15 qui abattent le missile sol-air "Buzzard" qui menace le Concorde, mais ce sont des Mirage F-1 qui descendent le F-4 Phantom qui s'acharne sur lui. Ces derniers avions vus très rapidement, et de loin, au décollage, portent une bande  blanche horizontale sur la dérive, ce qui pourrait en faire des appareils de l'escadron de chasse 2/12 Cornouaille. A la fin du film, la production remercie les escadres de chasse 8 et 12 de l'Armée de l'Air, pour leur collaboration. La 8° escadre aurait effectivement participé au tournage, avec un Mystère IV qui a été malheureusement remplacé par une (mauvaise) maquette de Phantom, lors du montage. Rappelons que la 8° escadre de Cazaux, assurait le perfectionnement des futurs pilotes de chasse, et que ses Mystère IV ne furent retirés du service qu'en 1982.

 

Christian Santoir

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