Rechercher dans ce blog

ROYAL AIRCRAFT FACTORY SE.5


LE ROYAL AIRCRAFT FACTORY SE.5
Les vieux acteurs ne meurent jamais...

 

La guerre de 14-18 se poursuivit sur les écrans des salles obscures bien après sa fin. Vingt sept films furent tournés sur ce conflit, entre 1921 et 1939. Ce fut l’occasion de voir à l’écran les avions ayant participé aux combats. Mais dès les années vingt, ceux ci commençaient à se faire rares, étant peu à peu retirés du service. Le cinéma utilisa les appareils les plus "récents", ceux qui avaient combattu lors de la dernière année de guerre : SPAD, Fokker D.VII, Sopwith, S.E.5…Ce dernier, le Royal Aircraft Factory SE.5 (Scout Experimental 5) représentait "LE" chasseur anglais, le Sopwith Camel étant jugé trop pointu à piloter devant les caméras.

Après le conflit, en 1919, l’US Army Air Service avait environ 200 S.E.5A, en service et en stock, parmi lesquels, les machines achetées en octobre 1918 par le corps expéditionnaire américain. Les usines Curtiss en avaient assemblés 57 qui avaient conservés leurs numéros de série anglais. En 1923, la compagnie Eberhardt Steel Products Co., un sous traitant de Curtiss, transforma 50 avions importés, en SE.5E. Ces avions se distinguaient par un fuselage en contreplaqué et un moteur Wright Hispano E; ils reçurent les serials 22-325 à 376. Ils servirent avec les autres SE.5 pour l’entraînement avancé jusqu’en 1927, date de leur radiation des effectifs de l'US Army Air Corps. Certains se retrouvèrent alors sur la marché civil.

D’autres SE.5 parvinrent aux Etats-Unis directement d’Angleterre. Des SE.5 civils y servaient principalement au "skywriting " (écriture de messages dans le ciel, au moyen d'un fumigène), un procédé inventé par le major "Jack" Clifford Savage de la RAF, lors du conflit mondial. C’est le 30 mai 1922 qu’il fut utilisé en public pour la première fois. La Skywriting Company acquit en Angleterre trente trois SE.5A neufs pour honorer ses nombreux contrats publicitaires. Dès la fin de 1922, fut créée aux Etats-Unis, la  Skywriting Corporation of America  basée à New-York, qui détint les droits exclusifs de l’équipement (échappement spécial, produit fumigène dont la formule était tenue secrète...) pour tracer des messages publicitaires dans le ciel. Cette société importa, au début de 1923, huit SE.5A construits par Wolseley et Austin et appartenant à Jack Savage. A leur arrivée aux USA, ils écrivirent "Hello, New-York" au-dessus de la ville, puis furent loués pour un million de dollars par l’American Tobacco Company

 


Fig.1. Un SE.5 "Skyscriber" venant d'être monté par Kinner à Glendale (CA)

 La flotte de Skywriting Co. compta jusqu’à onze SE.5A, dont cinq construits par Austin; ils furent modifiés avec un nez mieux profilé muni d'une casserole d‘hélice pointue, ce qui impliquait un déplacement du radiateur frontal sous le moteur. A la fin de 1924, ces derniers furent enregistrés aux USA avec de nouveaux numéros de série (1 à 5) et d’immatriculation (NC2677 à 2681). Cependant le G-EBGL (c/n 1662) conserva son matricule anglais jusqu’en 1931. Un SE.5A (c/n 1678, G-EBGM) fut cannibalisé, autrement dit, il servit de réserve de pièces détachés pour les autres. Cette activité se maintint dans la première moitié des années trente, mais diminua peu à peu avec l’apparition d’autres supports publicitaires, principalement la radio. En 1939, la Skywriting Corporation of America  n’employait plus que deux avions pour ce travail.