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Les Chevaliers du Ciel

 LES CHEVALIERS DU CIEL

 

Année : 1967-1969
Pays : France
Durée : 3 saisons de 39 épisodes de 25 minutes environ
Genre : aventures
Couleur

Réalisateur: François VILLIERS
Scénario: Jean-Michel CHARLIER,
d’après sa bande dessinée
  « Tanguy et Laverdure » 

Acteurs principaux :

Jacques Santi (Michel Tanguy -1967-1969), Michèle Girardon (Nicole -1967), Christian Marin (Ernest Laverdure -1967-1969), Roger Pigaut (Capitaine Merlet -1967, 1969), Jean-Claude Michel (Colonel Le Guenn-1967), Jacques Richard (Commandant Mounier-1967) Jean Sobieski (Philippe Larrafieu-1967), Muriel Baptiste (Colette-1967), Ivan Desny (Erik/Gunther-1967), Marlène Jobert (Irène -1967), Keïko Kishi (Mika 1969), Mylène Demongeot (1968)

Musique : François de Roubaix

Producteur Pierre LONG  

 

 

Notre avis :

 Directement inspirés de la bande dessinée de Charlier et Uderzo parue en 1959 dans le journal Pilote, « Les chevaliers du ciel » constituent une série « culte » (comme on dit aujourd’hui) de la télévision française. Programmée à partir du 16 septembre 1967, et cela pour les douze semaines suivantes, la série fut constituée de plusieurs histoires se déroulant sur trois ou quatre épisodes. Ce feuilleton connut un tel succès que 39 épisodes furent tournés, pendant lesquels on suit les aventures palpitantes de deux pilotes de l’Armée de l’air française, le séduisant Tanguy et son inséparable ailier, le gaffeur Laverdure. Deux autres saisons furent ainsi diffusées en 1968 et 1969. Tous les épisodes de la première saison possèdent un point commun : un ennemi pour les deux héros, le mystérieux Monsieur X . Avec son âme damnée, Max, les deux espions "étrangers" ont pour mission de percer à jour les secrets de la base aérienne de Dijon, mais aussi de voler un Mirage, de photographier une centrale nucléaire, compromettre la vente de Mirage ou enlever une personnalité africaine en visite en France.

 La deuxième saison se déroule au début, à l’EPNER et au CEV d’Istres. Puis, on retrouve l’espionnage et le sabotage autour des essais nucléaires à Mururoa, puis un vol d’ogive atomique en France et en Algérie, ainsi qu’une affaire de brouillage de nos fusées lancées à partir des Landes.

 La troisième série est moins homogène. L’espionnage n’est plus le thème central avec une seule tentative d’espionnage industriel concernant le Mirage G. Un épisode se passe en Belgique et quatre au Pérou, récents acheteurs du Mirage V. Il y a également des manœuvres avec la Marine, une visite à Cap Canaveral, une evasan aux Antilles, et même une histoire de vol de bijoux aux sports d’hiver, prétexte pour nous montrer la compagnie Air Alpes.

 Les épisodes traitent donc différents thèmes basés pour la plupart sur l’actualité de l’époque : l’espionnage scientifique autour des productions aéronautiques françaises, du programme nucléaire en France et dans le Pacifique (début en 1966), de nos nouvelles fusées balistiques intercontinentales et de leurs ogives nucléaires. On y parle également de la vente de matériel à des pays étrangers (Belgique, Pérou), mais aussi des infrastructures de l’aviation française : l’EPNER,  le CEV d’Istres, l’école de Salon avec la patrouille de France, sans oublier l’Aéronavale avec le porte avions Foch. Peu de thèmes politiques comme la tentative d’attentat contre un chef d’état africain en visite en France, qui vient rappeler le rôle de la France dans les pays africains nouvellement indépendants. Mais on ne parle pas de sujet qui fâche, comme la guerre des Six jour, conflit qui opposa l'état hébreu à une coalition de nations arabes, et qui vit les belles performances des Mirage IIIC face aux MiG-17 et Su-7 égyptiens et syriens. On ne parle pas non plus de l’embargo consécutif sur cinquante Mirage V commandés et payés par Israël…

 Ce feuilleton est sans doute une œuvre de propagande, une vitrine pour notre Armée de l’air et un grand cocorico pour notre pays , raison pour laquelle beaucoup de liberté fut accordée à l’équipe de production. On permit ainsi une demi heure de tournage au dessus de Paris, pendant laquelle (saison 1, épisode 8) un T-33 hostile survole la capitale, la nuit (on reconnaît bien la place de la Concorde, l’arc de triomphe et la tour Eifel). Trente sept ans plus tard, « Les chevaliers du ciel » seront de nouveau autorisés à survoler Paris, mais en plein jour.

 Nous ne nous étendrons pas sur le tournage de la série. Un très bon site (http://tanguy.aeroplanete.net) est consacré à Tanguy et Laverdure, et tout y est expliqué en détail avec le synopsis des épisodes et certaines anecdotes.

 Le feuilleton est aussi un peu un témoignage sur la France des années soixante, les années « glorieuses ». Il peut paraître un peu irréel aujourd’hui dans une France déboussolée cherchant un deuxième souffle ou une deuxième jeunesse. Mais on constate que beaucoup de problèmes actuels : fortes pressions extérieures pour maintenir la France dans un rang subalterne à l’échelle internationale, forte concurrence commerciale, mondialisation, mouvements indépendantistes ou nationalistes, sont déjà présents il y quarante ans, et qu’il n’y a pas grand chose de nouveau sous le soleil. Enfin, c’était la France de mes vingt ans, le « temps des copains et de l’aventure ».avec musique « yéyé », R4 et « Deudeuches » (ou TR4 et Mini Morris), électrophones Teppaz et copines en minijupes. Mais, c’était aussi mai 1968, qui marqua la fin d’une époque ; une époque où on avait la liberté de manger trois plats par repas, boire plusieurs apéros et fumer des Gauloises, sans encourir les foudres du ministère de la Santé et être mis au ban de la société, en prime…Bref, un autre temps !

 Mais encore, plus que tout cela, ce feuilleton est un véritable musée d’avions, parfois disparus pour toujours. La partie aviation est en effet exceptionnellement riche, d’autant plus que tout a été tourné « en vrai » sans aucun trucage, ni recours à des maquettes, avec l’appui de l’Armée de l’Air. Celle ci fournit des moyens techniques comme les Jeeps, l’infrastructure de la base de Dijon, et même son personnel. Ce sont souvent les techniciens au sol ou les navigants qui apparaissent dans la série, jouant ainsi leur propre rôle. Les activités habituelles de la base furent incluses dans les scénarios. En fait, les tournages étaient prévus au moment des exercices aériens.

 

 Les avions de la série :
 :

 Nous ne connaissons pas une série française ou étrangère qui fournit autant d’appareils à contempler. Je me suis livrés à un petit recensement. J’ai compté ainsi cinquante trois types d’aéronefs différents pour les 39 épisodes ! La vedette sans conteste est le Mirage IIIC, suivi par l’Alouette II, qui furent de grands succès à l’exportation, à l’époque. Le Mirage IIIC entré en service en 1961, n’est pas un avion tout récent au moment où passe la série sur les écrans, mais c’est le modèle le plus répandu en escadrille. Il fit son dernier vol opérationnel en juin 1988, vingt ans après la fin de la série télévisée. Un avion avec une santé de fer ! Mais dès 1967, l’Armée de l’air avait passé commande des premiers prototypes du Mirage F1 qui fut mis en service six ans plus tard.

 Les avions français sont les plus nombreux avec vingt trois types différents d’appareils. Parmi les avions français, les avions Marcel Dassault se taillent, comme il se doit, la part du lion avec  dix types d’appareils dont certains très récents, comme le Mirage III V 02 Balzac (appelé « Voltaire ») à décollage vertical, encore en essai en novembre 1966, et le Mirage G qui fait ses premiers vols en novembre 1967. En dehors de ces prototypes, toutes les catégories d’avions civils et militaires, sont représentées, du chasseur à l’avion de tourisme, en passant par les avions d’entraînement, de transport et les hélicos. Par contre, il y a un absent de marque, le bombardier nucléaire Mirage IV, en service depuis 1964. La vente de Mirage V au Pérou est contemporaine de la saison trois (1969)

 

saison

épisode

aéronefs

1

1

Mirage IIIC

1

1

Mystère IVA

1

2

Mirage IIIB

1

3

Mirage IIIB

1

3

Mirage IIIC

1

4

Mirage IIIC

1

5

Mirage IIIC

1

6

Mirage IIIC

1

7

Mirage IIIB

1

7

Mirage IIIC

1

8

Mirage IIIC

1

9

Mirage IIIC

1

9

Alouette II

1

10

Alouette II

1

10

Mirage IIIC

1

11

Mirage IIIC

1

12

Alouette II

1

12

Mirage IIIC

1

13

Mirage IIIC

2

1

Stampe 4C (F-BIHR)

2

1

Mirage IIIB

2

1

SO 30P Bretagne

2

2

Mirage IIIV Balzac

2

2

Dassault MD 311 Flamant

2

2

Nord Noratlas

2

4

SO 4050 Vautour II 1N

2

4

Alouette II

2

5

SO 4050 Vautour II 1N

2

6

Breguet Deux ponts

2

7

Breguet 941

2

8

Super Mystère B2

2

9

Alouette II

2

11

SO 4050 Vautour II 1N

3

3

Mirage G

3

3

Fouga Magister

3

4

Mirage G

3

4

MS Rallye Club

3

4

Fouga Magister