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John Wayne

 

John Wayne : le cowboy volant

(1907-1979)

 

L'image de John Wayne, des dizaines d'années après sa disparition, reste attachée au personnage du cowboy. Il tourna dans 172 films, dont 78 westerns. Mais ce qui est moins connu, c'est qu'il tourna une dizaine de films, où il joua le rôle d'un pilote civil ou militaire.


Marion Robert Morrison est né le 26 mai 1907 à Winterset (Iowa). Sa famille s'établit en Californie en 1911. Il commença sa carrière en 1926, dans des films muets où son nom n'apparaissait pas, n'ayant que des rôles de figurant. Après avoir tourné dans 26 films de série B, il arrive, en 1932, chez Mascot Pictures qui deviendra, plus tard, Republic, pour tourner trois feuilletons cinématographiques. Dans le premier, "The shadow of the eagle", il campe le personnage d'un pilote qui se produit dans des fêtes foraines. Il veut découvrir "The eagle", un malfaiteur qui se fait passer pour un vétéran de la grande guerre et qui utilise un avion radioguidé pour écrire des messages de mort dans le ciel. Six mois plus tard, dans "Hurricane express", le jeune Wayne est un pilote de ligne qui poursuit le "Wrecker", l'assassin de son père, qui conduisait le train "Hurricane express". Mais dans cette série, Wayne n'utilise l'avion que pour se rendre d'une bagarre à une autre… En 1933, dans le troisième feuilleton, "The three musketeers", il est un ancien pilote militaire américain, qui, devra démasquer "El Sheitan", un homme qui veut soulever les tribus arabes contre la Légion étrangère, en Afrique du nord. Les chevauchés y sont plus nombreuses que les scènes aériennes, vraiment trop rares. Toutes ces séries, au scenario presqu'identique, mais se passant dans des cadres différents, se caractérisent par la faiblesse des moyens aériens mis en œuvre, l'avion n'étant ici qu'un accessoire indispensable, sans plus. Depuis 1925, et encore plus, après l'exploit de Lindbergh, en 1927, l'avion était très "tendance" et on ne pouvait tourner un film, encore moins une série, sans y faire figurer un aviateur et son avion. En 1933, Wayne apparait très brièvement dans un film d'aviation, "Central airport", où le rôle principal est tenu par Richard Barthelmess, alors que son nom n'est pas mentionné dans le générique, vu sa très rapide prestation. A l'époque, Wayne, entre deux westerns, prenait tous les rôles qu'on voulait bien lui offrir…

 Ce n'est qu'après une très longue série de westerns, qui n'ont fait qu'accroître sa renommée, et un an après l'entrée en guerre des USA, qu'il obtient le rôle principal dans "Les tigres volants" (1942), en incarnant le chef des pilotes mercenaires américains de l'American Volunteer Group, partis combattre les Japonais en Birmanie, puis en Chine. C'était son premier film de guerre. Juste après, Wayne est embauché par la MGM, pour jouer de nouveau un pilote militaire américain, enrôlé, cette fois, dans la RAF. Abattu, il s'échappera de France grâce à l'aide de sa partenaire Joan Crawford, dans "Réunion in France" (1942). Il ne s'agit pas d'un film d'aviation et toute l'action se passe au sol. Il en sera de même dans "Without reservations" (1946) avec Claudette Colbert, où il sera un pilote de B-25, de retour au pays. Ce dernier film n'a pas de séquences aériennes à proprement parler.

 John Wayne ne remonte dans un cockpit, qu'en 1950, pour le tournage de "Les espions s'amusent", un film de la RKO, produit par Howard Hughes. Wayne accepta d'y tourner pensant qu'il s'agirait d'un film patriotique, alors qu'on était en pleine guerre froide. Mais c'était sans compter sur l'esprit fantasque de Hughes qui écrivit un scenario farfelu, où John Wayne est un colonel de l'USAF tombé amoureux d'une femme pilote de chasse soviétique ayant fait défection. Pour une fois, le titre français est plus proche du vrai contenu du film que le titre anglais, "Jet pilot"... Ce divertissement, dont le tournage durera quatre ans, ne sortira qu'en octobre 1957, Hughes n'ayant cessé d'y apporter des modifications, selon son habitude. En 1951, dans "Les diables de Guadalcanal", produit également par la RKO d'Howard Hughes, John Wayne n'est que major, mais on lui a donné ici un rôle plus sérieux. Il incarne un chef d'escadrille, dur mais juste, dans un film retraçant les combats d'un groupe de chasse des US Marines, lors de la bataille de Guadalcanal (7 août 1942 – 9 février 1943). On constate, au passage, que Wayne y est toujours très loquace dans son cockpit, tout comme dans "Les tigres volants" ou "Les espions s'amusent".

 

John Wayne "au micro", dans "Les diables de Guadalcanal"

(son laryngophone devait être en panne…).…


 En 1953, dans "Aventure dans le grand nord", de la Warner, il est encore le personnage principal, mais aussi le co-producteur. C'est un pilote de transport, obligé de se poser dans le Labrador où il devra maintenir le moral de son équipage en attendant les secours. Ce film, basé sur le scénario du pilote et écrivain, Ernest K. Gann, et réalisé par un autre ancien pilote, William Wellman, s'inspirait d'un fait réel. Il connut un grand succès et fit beaucoup pour le renom de Wayne. L'année suivante, la même équipe tourna pour les mêmes studios, un autre grand "air epic", "Ecrit dans le ciel", et fit encore appel à John Wayne qui co-produisit également le film. Il n'est ici que copilote, mais c'est lui qui sauve un avion de ligne dont le commandant, Robert Stack, n'est pas à la hauteur. En 1957, dans "L'aigle vole  au soleil", il est, à l'écran, Frank "Spig" Wead, un aviateur de l'US Navy, devenu scénariste après un accident. Il avait rencontré cet ami de John Ford en 1945, lors du tournage du film de guerre, "Les sacrifiés", sorti en 1947.

 Après 1957, John Wayne ne fera plus de film d'aviation; il a alors cinquante ans. Les années 50, marquées par la guerre de Corée, le développement de l'aviation de transport, mais aussi par une réflexion sur le conflit passé, furent la décennie de l'après guerre, qui connut la plus grosse production de films d'aviation. Après, leur nombre ne cessera de diminuer. On ne sait si John Wayne s'estimait trop âgé pour continuer à jouer les pilotes, ou si les scenarios des films d'aviation qui lui étaient proposés ne lui convenaient pas. Peut être préférait-il, lui qui ne passa jamais son brevet de pilote, une selle de cheval à un siège éjectable… John Wayne mourut d'un cancer, le 11 juin 1979.

 

Christian Santoir

 

 Filmographie aéronautique de John Wayne :

 

               Titre

Année

Réalisateur

Studios

The shadow of the eagle

1932

Ford Beebe

Mascot Pictures

The Hurricane express

1932

J.P. McGowan, Armand Schaefer

Mascot Pictures

The three musketeers

1933

Colbert Clark, Armand Schaefer

Mascot Pictures

Central airport

1933

William Wellman

First National Pictures

Les tigres volants

1942

David Miller

Republic

Les espions s'amusent

1950

Josef von Sternberg

RKO

Les diables de Guadalcanal

1951

Nicholas Rey

RKO

Aventure dans le grand Nord

1953

William Wellman

Warner Bros

Ecrit dans le ciel

1954

William Wellman

Warner Bros

L'aigle vole au soleil

1957

John Ford

Metro Goldwyn Meyer

 

Bibliographie sommaire :

  •  -CARLSON Mark (2012) : Flying on film. A century of aviation in the movies, 1912-2012. Ed. BearManor Media, 412 p.
  • -FARMER James (1984) : Celluloid wings. Ed. Tab Books; 1st edition. 369 p.
  • -SHEPHERD Donald, SLATZER Robert, GRAYSON Dave (2002) : Duke : The Life and Times of John Wayne. Ed. Citadel, 384 p..

 

 

 

 

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