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BESPOKOYNOE KHOZYAYSTVO

 

BESPOKOYNOE KHOZYAYSTVO
Vo. Беспокойное хозяйство

(Une affaire agitée)
 

Année : 1946
Pays : URSS
Genre : comédie
Durée : 1 h 25 min
Noir et blanc

 Réalisateur : Mikhail ZHAROV
Scénario : Leonid TUR, Pyotr TUR

 

Acteurs principaux :
Lyudmila TSELIKOVSKAYA (Antonina Pavlovna Kalmykova), Aleksandr GRAVE (Tikhon Petrovich Ogurtsov), Mikhail ZHAROV (Semibab), Vitali DORONIN (Ivan Kroshkin), Yuriy LYUBIMOV (Jacques Larochelle), Georgiy SVETLANI (Sorokonozhkin), Vladimir URALSKIY (Gvozdaryov); Musique : Georgiy MILYUTIN
 

Photographie : Valentin PAVLOV
Compagnie productrice : Mosfilm

 

Avions :

  • Lavochkin La-7
  • Messerschmitt Bf-109G
  • Polikarpov Po-2
  • Yakovlev Yak-9
  • Yakovlev Yak-9U

 Sur images d'archives :

  • Ilyushin Il-2 Shturmovik
  • Lavochkin La-7
  • Focke Wulf Fw-189
  • Heinkel He-111H
  • Junkers Ju-87D Stuka
  • Messerschmitt Bf-110

 

 Notre avis :

 Cette comédie où l'on chante du début à la fin, se passe pendant la "grande guerre patriotique" sur le front russe…En  1946, les Russes avaient gagné la guerre alors qu'ils avaient supporté seuls (aidés, néanmoins, matériellement par les Américains et les Anglais) l'agression allemande, de juin 1941 et mai 1945, le front de l'ouest ne commençant à bouger qu'a partir de juin 1944, le front sud, en Afrique, ayant été jugé prioritaire par les Alliés.

 Le film sortit en salle le 15 mai 1946, soit une semaine après le premier anniversaire de la victoire de l'URSS.

Pendant la grande guerre patriotique, le soldat de l'Armée rouge Ogurtsov se dirige vers un nouveau lieu d'affectation. Traversant le chemin forestier, il entend le chant d'une jeune femme. Il s'avère que c'est Tonya, ayant le grade de caporal qui se dirige vers la même unité que lui, un nouvel aérodrome militaire situé en pleine campagne. La nuit arrive, Semibab est prévenu de l'approche des avions ennemis; il donne alors à tout le monde des ordres étranges : allumer les lanternes et courir au hasard, en les brandissant autour de l'aérodrome. Attirés par la «panique» de l'aérodrome, les Allemands le bombardent. Les nouveaux arrivants ne comprennent rien. Ce n'est que le matin après le bombardement, que Semibab leur explique que l'aérodrome est faux et sert à détourner les avions allemands de l'aérodrome principal. Le commandement allemand, pensant que cet aérodrome est très important pour l' Armée rouge, décide d'y envoyer un officier de reconnaissance avec une radio. Peu de temps avant le prochain raid allemand, Semibab voit quelqu'un lancer une fusée à triple signal derrière une forêt voisine. Réalisant qu'il s'agit probablement d'un espion allemand, il envoie Tonya en reconnaissance. Tonya découvre dans la forêt un homme avec un talkie-walkie portant l'uniforme d'un soldat de l'Armée rouge. Deux avions des escadrilles de couverture de l'aérodrome, pilotés par le lieutenant français Larochelle de l'escadrille Normandie-Niemen et le lieutenant soviétique Kroshkin, atterrissent sur  l'aérodrome, suite à une panne d'essence. Les pilotes, voyant Tonya, sont tous deux séduits par elle. Mais Tonya ne s'intéresse pas trop aux pilotes, mais à l'espion allemand, lui glissant de fausses informations sur l'aérodrome. Cette astuce a été imaginée par Semibab, et ça marche: les Allemands croient en cette désinformation et bombardent toujours le faux aérodrome. Pendant ce temps, Ogurtsov propose de faire bouger les maquettes d'avions disposées sur le terrain, de sorte que l'ennemi croit que les avions sont réels et se déplacent d'eux-mêmes. Les Russes lancent une offensive contre les lignes allemandes. Larochelle est descendu mais il peut se poser. C'est Kroshkin qui va le ramener, blessé, au terrain, dans son avion. Lors d'une patrouille à cheval, Ogurstov qui ne maîtrise pas sa monture, pénètre seul, sans le savoir, dans les lignes allemandes où une branche d'arbre l'assomme. Pendant ce temps, Tanya va voir l'espion allemand et tente de l'arrêter, mais c'est lui qui prend le dessus; elle est sauvée par Kroshkin qui arrive  à point nommé. Quand les troupes russes attaquent le PC Allemand, c'est Ogurtsov qui ramène à la base les officiers et leurs hommes qui se sont rendus à lui. Tonya avait découvert les cahiers où Ogurtsov inscrit tous ses projets, mais exprime aussi son amour pour elle, en voulant même fonder une famille avec elle (avec six enfants !). Elle en est très touchée, séduite en outre par son courage et à son inventivité. Ce ne sont pas les pilotes qui auront son cœur, mais lui seul.

Cette comédie ne comporte que très peu de scènes de guerre, mais des scènes où tous les principaux personnages poussent la chansonnette. La guerre n'est qu'en arrière plan, tout est centré sur l'idylle croissante entre Orgustov et Tonya, avec lesquels le film commence et se termine. Les critiques furent assez sévères, mais les spectateurs qui étaient toujours à la recherche de films avec des acteurs célèbres, pouvant les distraire et leur faire oublier un moment leur vie difficile, l'accueillirent très favorablement.

Le réalisateur du film, Mikhail Zharov avait participé en tant qu'acteur, au tournage du film "Vozduzny Ivoshik", une autre comédie musicale, réalisée en pleine guerre, en 1943, où il jouait le rôle d'un pilote civil faisant du transport de fret pour l'armée.

"Bespokoynoe khozyaystvo" employa quelques chasseurs, filmés au sol, qui étaient en service lors de la guerre et même encore, en 1946.

 

Les avions du film :

Ce sont ceux des deux "as" qui atterrissent sur l'aérodrome fictif. Ce sont, eux aussi, des as fictifs, l'armée de l'air soviétique n'ayant jamais eu d'as du nom de Kroshkin, pas plus que le Normandie-Niemen, celui du lieutenant Larochelle.

L'avion de Kroshkin qui atterrit le premier, est un Lavoshkin La-7 équipé de deux canons de 20 mm. Il porte le numéro "14" ainsi que les marques de ses 27 victoires inscrites sous le cockpit.

L'avion de Larochelle apparaît avec le numéro "6" (un numéro que porta le Yak-9 de Marcel Albert en 1943/1944), l'éclair de l'escadrille française sur le fuselage, mais sans le drapeau tricolore qui aurait dû être peint sur la casserole d'hélice. A côté de ses 11 victoires, est inscrite sous le cockpit, sa marque personnelle "L", une décoration qui était plutôt rare dans cette escadrille française. Son avion, vu de nuit, est un Yak-9U (prise d'air sur le capot moteur, radiateurs d'huile dans l'emplanture des ailes, pas de mât d'antenne). Quand Kroshkin ramène Larochelle blessé au terrain (sur un La-7 portant le numéro "06"…), il l'a logé dans l'arrière du fuselage accessible, comme on le voit, par une petite trappe située à gauche, devant l'empennage. Cette trappe donnait accès directement à la batterie (qui aurait dû être enlevée pour y faire entrer Larochelle…), au ballon d'oxygène et à une trousse de pharmacie. Un passager aurait, en outre, de par son poids, entraîné un centrage arrière trop important de l'avion, pouvant provoquer un décrochage au décollage.

Il y eut un autre pilote qui transporta un passager dans le fuselage de son chasseur. Cela rappelle quelque peu l'accident du 15 juillet 1944, quand Maurice de Seyne du Normandie-Niemen avait embarqué, son mécanicien Vladimir Belozoub, lors d'une évacuation. Victime d'une fuite d'essence et intoxiqué par les vapeurs se répandant dans le cockpit, il ne parvint pas à atterrir et refusa de sauter en parachute en abandonnant Belozoub. Ils périrent tous les deux dans l'écrasement de l'avion au sol. Notons qu'il pilotait un Yak-9 qui disposait d'une trappe située sur le dos du fuselage, juste derrière le cockpit, et donnait accès à un emplacement situé plus en avant que sur le La-7, derrière les appareils radio, espace qui servit d'ailleurs, dans le Yak-9B, à emporter deux bombes de 100 à 200 kg.

Mais un autre Yak-9 apparaît au sol dans le film, peu avant l'atterrissage des deux pilotes et plus tard, derrière Antonia causant avec eux. Il s'agit d'un autre type de Yak-9, avec un radiateur sous le capot moteur. Il peut s'agir d'un Yak-9, un modèle dont fut équipé le "Normandie-Niemen", en plus de Yak-9T et 9D, mais cette escadrille ne reçut pas de Yak-9U. Trois autres Yak-9 sont vus plus tard, en vol.

Un Polikarpov Po-2 est vu en train de lancer des tracts au dessus des troupes allemandes.

Un vrai Messerschmitt Bf-109G, ou plutôt son cockpit, a été filmé de très près en studio. Il porte le nom (partiel ?) de "Reich" sous la verrière.

Tous les autres avions sont vus sur des extraits d'images d'archives. Plusieurs Ilyushin Il-2 et des La-7 (peu visibles) sont mêlés aux avions allemands qui constituent la majorité de ces avions qui bombardent le terrain : Messerschmitt BF-110, Heinkel 111H, Junkers Ju-87D Stuka. On aperçoit même un avion de reconnaissance Focke-Wulf Fw.189.

 

Christian Santoir

*Film disponible sur YouTube

 

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