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LA RONDE DE L’AUBE

 

 LA RONDE DE L’AUBE

Vo. The tarnished angels

 

Année : 1957
Pays : Etats-Unis
Durée : 1h 30 min.
Genre : Drame
Noir et blanc

Réalisateur : Douglas SIRK
Scénario : George ZUCKERMAN
Histoire originale : le roman «  Pylône » (1935) de William FAULKNER

Acteurs principaux :
Rock HUDSON (Burke Devlin), Robert STACK (Roger Shumann), Dorothy MALONE (Laverne Shumann), Jack CARSON (Jiggs), Robert MIDDLETON (Matt Ord), Alan REED (Le colonel Fineman), Alexander LOCKWOOD (Sam Hagood), Chris OLSEN (Jack Shumann), Robert J WILKE (Hank), Troy DONAHUE (Frank Burnham), William SCHALLERT (Ted Baker), Eugene BORDEN (Claude Mollet)

Photographie : Irving GLASSBERG
Musique : Frank SKINNER
Production : Albert ZUGSMITH
Compagnie productrice :Universal

 

Notre avis :

En 1933, William Faulkner achète un Waco cabin avec les droits cinématographiques de « Sanctuary ». En février 1934, il vient avec son avion à la Nouvelle-Orléans pour l’inauguration de l’aéroport Shushan. A l’automne, il écrit « Pylône » qui paraît en mars 1935. Le 10 novembre de la même année, son frère cadet Dean se tue avec le Waco qu’il lui avait donné, alors qu’il l’encourageait à devenir pilote professionnel. Sirk avec Zuckermann s’inspirèrent librement du roman de Faulkner ne gardant que la substance propre au mélodrame, ce qui n’empêcha pas Faulkner d’estimer plus tard, que ce film était la meilleure adaptation de ses oeuvres. « La ronde de l’aube »  n’est pas le premier film sur les courses d’avion. En 1938, Clark Gable dans « Test pilot » jouait le rôle d’un pilote participant aux National Air Races de Cleveland ; en 1939, « Tail spin » mettait à l’honneur les femmes pilotes de compétition. Ce film explore les personnalités d’un genre de pilotes déjà disparus à la fin des années trente : les pilotes de cirque qui se produisaient de kermesse en kermesse et risquaient leur vie sur des zincs rafistolés, dans des courses dérisoires ou des acrobaties insensées.

En février 1932, à la Nouvelle Orléans, pendant le Mardi Gras, le journaliste Burke Devlin a décidé de couvrir la course aérienne qui doit avoir lieu à Delta Field, le terrain d’aviation local. Il s’intéresse plus particulièrement au pilote Roger Shumann, un as (14 victoires) de l’escadrille Lafayette pendant la guerre. Shumann est accompagné de son jeune fils, Jack, de son mécano Jiggs et de sa femme, Laverne. Devlin leur propose de les loger chez lui ce qu’ils acceptent, et ce qui lui permettra de collecter des informations pour son papier. Laverne lui raconte qu’elle était aimée de Jiggs et de Roger qui la jouèrent au dès, et les mauvaises langues disent que l’enfant n’est pas de Shumann. Laverne est parachutiste et réalise un numéro très périlleux qui consiste à sauter en se tenant seulement à un trapèze, vêtue d’une jupe qui lui remonte jusque sur le visage ! Devlin entre en conflit avec son patron sur l’intérêt de son sujet de reportage, et il finit par être congédié. Lors des essais de la course, Shumann accroche l’avion de Miller qui se tue dans l’accident. Mais l’avion de Roger est détruit et la seule solution est d’emprunter un avion au riche Matt Ord. Or Roger a trop d’amour propre pour négocier ce prêt et il envoie Laverne, en lui demandant d’user de sa séduction…Devlin qui est tombé amoureux de Laverne désapprouve ce plan, et c’est Devlin, qui connaît bien Ord, qui va le convaincre de prêter l’avion, sans rien dire à Shumann. L’avion de Matt Ord n’est guère en bon état et il faut travailler toute la nuit pour le réparer. Juste avant la dernière épreuve, Shumann confie à Laverne qu’il l’aime et qu’il est prêt, pour elle, à abandonner les compétitions. Pendant la course, alors qu’il a pris la tête, son moteur prend feu. Ne pouvant atterrir sur la piste envahie par la foule, il se dirige vers un lac où il sombre. Son fils Jack a tout vu alors qu’il est dans un manége qui ne cesse de tourner ! Matt Ord propose à Laverne de le suivre et de s’occuper de l’éducation de Jack, mais elle refuse. Devlin qui a réintégré son journal après avoir réussi à intéresser son patron à l’histoire tragique de ces baladins du ciel, accompagne Laverne et Jack à l’aéroport d’où ils partent pour l’Iowa. Peut être se reverront-ils…

Ce film a comme les tragédies classiques une unité de temps (le Carnaval,) de lieu (la Nouvelle Orléans) et d’action (la course autour des pylônes). Comme dans tout vrai film d’aviation, on y trouve un triangle amoureux, voire un quatuor, avec l’intervention du journaliste qui tombe, lui aussi, sous le charme de la sensuelle Laverne. Mais l’histoire de ces solitaires vivant en dehors de la société est particulièrement oppressante. Aucun des personnages du film n’est capable d’atteindre son but. Shumann est toujours à la recherche d’une victoire qui lui échappe; Laverne n’arrive pas à être autre chose qu’un objet sexuel acheté ou vendu ; Jiggs est ignoré par Laverne et enrage du traitement que Shumann lui inflige ; Devlin est mis à la porte, parce que son directeur se moque de son histoire jugé inintéressante. Sirk, le roi du mélo, considérait que c’était un de ses meilleurs films. Cette histoire somme toute banale, avec des personnages stéréotypés, des sentiments poussés à l’extrême, reçut une critique médiocre aux Etats-Unis, mais beaucoup plus élogieuse en France. Question de culture sans doute…Les aérocinéphiles pourront néanmoins apprécier les dix minutes de scènes aériennes pendant lesquelles on peut apercevoir un maximum d’avions.

 

Les avions du film :

 Le tournage utilisa un grand nombre d’avions, volant ou non, choisis sans se soucier de l’époque du film (1932). D’ailleurs, les costumes, la musique rappellent plus les années cinquante que les années trente. L’avion de Shumann est un De Havilland DH. 60-GM Moth (NC916M, c/n 117) construit aux USA en 1929 par la Moth Aircraft Corp. Cet avion vole toujours en Californie. Dans le film il porte l’insigne de la tête de Sioux de l’escadrille Lafayette. Puis, Shumann vole sur un Culver Dart GK-48 (NC20944) qui est un avion plus moderne sorti en 1938. Il est aussi beaucoup plus rapide que le Moth avec lequel Shumann réussit néanmoins à dépasser un autre Culver Dart, un G G11 (NC20993) qu’il va finir par percuter en plein vol. Malgré ce triste sort au cinéma, cet appareil vole encore aujourd’hui.

Les autres concurrents de Shumann sont un monoplan Davis D1K (NC151Y), un Waco GXE (NC4008), tous deux contemporains du Moth, un autre monoplan, un Fairchild 22 C7F (NC14339) de 1934 . Au sol, devant les hangars, on voit et un Fleet 2 (NC748V) construit en 1930, un Fairchild PT-19 civil (N 8672) et un Phillips CT2 Skylark (NC19989), ces deux avions ayant fait leur premier vol en 1940.

Enfin, Laverne et Jack embarquent dans un Vultee V1-AD Spécial (n° 25) avec une fausse immatriculation (NC 158), de la compagnie non moins fictive, Sierra Aviation. C’était l’ancien avion (NC16099) du magnat de la presse William Randolph Hearst qui le revendra à une compagnie panaméenne. Il passera ensuite entre diverses mains, au Panama (sous le matricule PH-153), mais aussi au Honduras et aux Etats-Unis. Il est actuellement exposé au Musée des Sciences de Virginie, à Richmond.

 

 Christian Santoir

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