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DESCENTE EN VRILLE

 

 DESCENTE EN VRILLE

Vo. Tail Spin

 

 

Année : 1939
Pays : USA
Durée : 1 h 24 min.
Genre : drame
Noir et blanc<

Réalisateur : Roy Del Ruth
Scénario : Frank Wead

Acteurs principaux :
Alice Faye (Trixie Lee), Constance Bennett (Gerry Lester), Nancy Kelly (Lois Allen), Joan Davis (Babe Dugan), Charles Farrell (Bud), Jane Wyman (Alabama), Kane Richmond (Dick 'Tex' Price), Wally Vernon (Chick), Joan Valerie (Sunny), Edward Norris (Speed Allen).

Photographie : Karl FREUND
Conseillers techniques : Paul MANTZ, Clifford W. HENDERSON
Producteur : Darryl F. ZANUCK
 

Notre avis :

Le scénario de Frank Wead reprend le nom, sinon la substance, de la célèbre série des « Tailspin Tommy » de Hal Forrest. Ce film se concentre sur les aventures de trois aviatrices représentées à l’écran par Alice Faye, Constance Bennett et Nancy Kelly. Joan DAVIS apporte la touche comique à cette histoire parfois tragique avec crashs et mort violente. L’histoire commence avec une course ressemblant au Powder Puff Derby, et finit aux National Air Races de Cleveland de 1938.

Trixie Lee est une pilote de compétition qui gagne sa vie comme dame du vestiaire d’un bar chic de Los Angeles. Elle s’engage dans une course entre Los Angeles et Cleveland en espérant gagner le gros lot, mais elle doit interrompre son vol suite à une fuite d‘huile. Elle réussit néanmoins à réparer son appareil en s’endettant et en tapant ses amies, ce qui lui permet de participer aux courses qui se tiennent à Cleveland. Elle doit y affronter Gerry Lester une riche fille de famille dotée d’un avion dernier cri, et Lois Allen dont le mari doit présenter un nouveau prototype le « Lester Special ». Mais il se tue et Lois, incapable de surmonter son chagrin, se suicide dans un piqué à mort! Gerry se rend compte que ses concurrentes sont là pour payer leurs dettes et non pour faire du sport. Dans une dernière course, alors qu’elle est talonnée par Trixie, elle fait semblant d’avoir une panne et abandonne. Trixie gagne et apprend dans le même temps qu’elle vient d’être engagée par une compagnie pétrolière avec un confortable salaire. Fini, les jours de dèche !

Malgré les inévitables invraisemblances, le film insiste à juste titre, sur l’hétérogénéité du monde féminin de l’aviation. On y trouvait effectivement des femmes riches comme la duchesse de Bedford en Angleterre, Amelia Earhart ou la richissime Jacqueline Cochran aux USA, mais aussi des femmes sans le sou toujours obligées de s’endetter, de courir les sponsors et d’exposer leur vie dans des aventures insensées ; on pense notamment au destin tragique de Léna Bersntein en France. Certaines, assez rares, réussissaient à vivre de leur passion en se faisant embaucher par un constructeur (comme Mary Haizlip, Hélène Boucher) ou par des compagnies travaillant pour l’aviation.

Dans le film il n’est question que de courses féminines, on y assiste ainsi à une « Powder Puff high speed race » qui se courre autour de pylônes mais qui n’eut jamais lieu pendant les National Air Races de 1938. Le terme « powder puff », ou houpe à poudrer , fait référence au « Powder Puff derby » nom donné par un journaliste à la première compétition aérienne féminine entre Santa Monica et Cleveland en 1929. Mais à partir de 1935, les compétitions furent ouvertes aux femmes comme le Bendix trophy (généralement entre Burbank, Californie, et Cleveland, Ohio), gagné en 1936 par Louise Thaden (Laura Ingals arriva seconde) et, en 1938, par Jackie Cochran sur un Seversky P-35 modifié. Paul Mantz, un conseiller technique du film, se classa troisième dans cette même course avec un Lockheed Orion.

Le film utilise des bandes d’actualité montrant les National Air races de Cleveland de 1938 dont le comité d’organisation est cité dans le générique. Ces courses qui duraient trois jours, comprenaient plusieurs événements en plus de l’arrivée de la course du Bendix Trophy. Il y avait des concours d’atterrissage de précision, des démonstrations de planeurs, des passages de dirigeables, et des concours de parachutisme, comme montré dans le film. En 1938, Harold Johnson fit de la voltige avec un Ford Trimoteur de six tonnes ; Tex Rankin présenta un programme complet d’acrobatie avec émission de fumée rose, sur son biplan Great Lakes ; « Kokomo Mike » Murphy décolla et atterrit sur la pelouse avec un Piper Cub à flotteurs ; il fit de même sur le toit d’une voiture, mais avec un Cub muni de roues ! Une escadrille de Seversky P-35 de l’Army Air Corps, et une de l’US Navy avec ses tout nouveaux chasseurs biplans Grumman F3F-3, se produisirent quotidiennement. La course la plus populaire était le Thomson trophy, où le départ était donné en ligne et où les pilotes devaient tourner à basse altitude autour de pylônes qui donnèrent leur nom au roman de William Faulkner porté à l’écran par Douglas Sirk en 1957, sous le nom de « Tarnished angels/La ronde de l’aube ». En 1938, le trophée fut gagné par Roscoe Turner sur Laird-Brown L-RT équipé d‘un moteur de 1100 chevaux.

Ce film, en dehors d’une histoire anodine, est un bon reportage sur les courses d‘avions aux Etats Unis dans les années trente, et surtout sur les nombreux racers construits à cette époque par des amateurs éclairés et dont certains étonnent par leur petite taille, la fragilité de leur train et leur aérodynamique osée. Ces machines étaient extrêmement délicates à piloter. A côté, un Caudron C-460 ressemblait à un avion de série ! On reverra également le film « Test pilot » qui montre les National Air Races de 1937. Enfin, il convient de préciser que les petits racers ne participaient pas au courses « cross country » comme montré dans le film, mais seulement aux courses de circuit.

 

Les avions du film :

Ce film montre beaucoup d’avions, la plupart ayant participé aux courses de Cleveland en 1938. Trixie Lee pilote le Keith Rider R5 (NX96Y), le seul avion en bois des courses, qui se classa troisième dans le Greve trophy, et dernier du Thomson Trophy avec Joe Jacobson aux commandes. Le racer de Gerry Lester est l’avion d’Art Chester, le Chester « The Goon » (NX93Y) qui porte le numéro 5 et qui se classa second dans le Greve Trophy, handicapé par une fuite d’huile de son hélice à pas variable Ratier. Alabama se crashe dans un Crosby CR4 (n° 52), un avion qui participa au Greve Trophy avec Harry Crosby aux commandes ; il dut atterrir en feu, après avoir perdu une pipe d’échappement.

Au sol, dans un hangar on aperçoit plusieurs autres racers. Le Pearson-Williams "Mr Smoothie" (n° 11 ne put participer au Thomson Trophy de 1938, suite à un problème de train d’atterrissage). Le Keith Rider R-5, n° 22 (NX284Y) portant l’insigne de « Jackrabbit » est celui avec lequel Earl Ortman arriva quatrième dans le Greve Trophy. Enfin, on voit le très beau petit Chester "The Jeep" n° 3(NR12930) qui ne participa pas aux course de Cleveland, en 1938.

le « Lester Spécial » sur lequel se tue le mari de Lois Allen est le Wedell Williams n° 92 (NR536V), un avion datant de 1934 qui concourut pour le Bendix Trophy en 1938, mais dut abandonner. Son épouse se suicide sur le « Speed Allen », un Ryan STA (NX16039) dont le moteur en ligne est équipé d’un capot moteur identique à celui d’un à Wedell William à moteur en étoile. Enfin, Babe, l’amie de Trixie, se parachute d’un Fleet Model 7.

Plusieurs appareils militaires apparaissent à l’occasion des courses de Cleveland. On assiste à un parachutage de troupes à partir de vieux Fokker, des monomoteur C-15 et des trimoteurs C-9. L’USAAC est représenté par tout un groupe de Seversky P-35, un nouveau chasseur arrivé dans les unités en 1937. Par contre l’US Navy n’apparaît dans le film qu’avec des biplans de reconnaissance de la VS-2, des Vought SBU-1 livrés aux escadrilles à partir de novembre 1935.

D’autres avions sont vus au sol , en arrière plan,: un Piper Cub et un Stinson SM8-A dans lequel Trixie embarque dans la dernière scène du film.

 

 Christian Santoir

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