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BLAZE OF NOON

 

BLAZE OF NOON

 

Année : 1947
Pays : Etats Unis
Durée : 1 h 30 min.
Genre: Drame
Noir et blanc

Réalisateur : John FARROW
Scénario : Frank WEAD, Arthur SHEEKMAN
Histoire originale : Ernest K. GANN

Acteurs principaux :

Anne Baxter (Lucille Stewart), William Holden (Colin McDonald), Sonny Tufts (Roland McDonald), Sterling Hayden (Tad McDonald), Johnny Sands (Keith McDonald), William Bendix (Porkie Scott), Howard Da Silva (Mike Gafferty), Johnny Sands (Keith McDonald), Jean Wallace (Poppy), Edith King (Mme. Murphy), Lloyd Corrigan (Révérend Polly), Dick Hogan (Sidney.

Musique : Adolph Deutsch
Photo : William C. Mellor
Prise de vues aériennes : Tom Tutwiler
Coordinateur des scènes aériennes : Paul Mantz
Producteur :Robert Fellows
Compagnie productrice : Paramount pictures

Avions :

  • Boeing 100
  • Pitcairn Super Sport Mailwing, PA-7S NC54W, PA-7M NC95W
  • Travel Air 4000

 

Notre avis :

En 1947, la Paramount revint avec ce film, sur le thème du courrier aérien. Le scénario de Frank Wead et d' Arthur Sheekman était inspiré du roman d’un ancien pilote commercial, Ernest Gann. qui écrira par la suite cinq autres scénarios de films d’aviation. Dédié aux pionniers de la poste aérienne, « Blaze of noon » examine surtout le problème de la femme du pilote. Le problème de Lucille qui doit partager l’amour de Colin avec un Pitcairn Mailplane, est un aspect intéressant du film. Elle ne lui fera pas abandonner son métier, car elle sait qu’il ne serait pas heureux au sol. Le résultat est qu’elle est condamnée à une série de sacrifices avec lesquels elle doit apprendre à vivre. La femme du pilote est un thème récurrent plus ou moins présent dans tous dans tous les films américains, dans « Night flight » (1934), comme dans « Only angels have wings » (1939). Didier Daurat, le patron de l’Aéropostale, confiera dans ses mémoires que c’est avec les femmes des pilotes qu’il eut le plus de difficultés !

Au début des années 1920, les quatre frères McDonald sont tous pilotes et passionnés d’aviation. Il se produisent dans un cirque sous le nom des « Four flying devils ». Mais un jour, ils décident de se reconvertir dans le transport du courrier, un travail guère plus sûr, mais plus rentable. Ils sont embauchés par une petite compagnie « Mercury Air Lines » où ils devront voler par tous les temps, de jour comme de nuit, entre Newark et Cleveland (Oh.). Lors de la visite d’aptitude, Colin tombe amoureux de l’infirmière, la belle Lucille. Il lui propose le mariage mais celle-ci ne semble pas pressée. A force d’insister, elle accepte. Mais peu après le mariage, elle constate que son mari n’a pas changé ses habitudes de célibataire, et la cohabitation avec ses trois beaux frères lui est parfois pénible. La vie de pilote de la poste est émaillée d’accidents et d’incidents. Un jour de brouillard, le plus jeune des frères McDonald, Roland, se tue à l’atterrissage en heurtant un château d’eau. Un des pilotes de la compagnie, Porkie, se voit retirer sa licence pour avoir survolé de trop près un train. Tad McDonald pris dans la tempête, voit ses ailes se désentoiler ; malgré une chute vertigineuse, il s’en sort vivant mais grièvement blessé. Lucille s’occupe de lui comme une soeur, mais il ne revolera plus. Quand Lucille donne naissance à un garçon, Colin envisage, un instant, d’obtenir un poste au sol. Peu de temps après, la compagnie inaugure un service passager. Lors d’un de ces vols, Colin est pris dans un épais brouillard au dessus de New York ; en approchant de Newark, il rase les ponts de l’East River. Lucille qui est au terrain, réussit à lui parler par la radio, mais celui ci sait qu’il a peu de chances de s’en sortir... Il finira par se tuer. Lucille apprend la nouvelle lors d’une petite fête organisée à la maison. Le film prend fin avec le baptême du fils de Colin qui portera le nom de son père..

Le pilote dont la licence est suspendue pour avoir survolé un train, a dû rappeler à Paul Mantz, le coordinateur des scènes aériennes du film, un mauvais souvenir ; c’est exactement ce genre d’exercice qui lui valut d’être renvoyé de l’Armée, en 1928, la veille de la remise des brevets de pilote !

On retrouve dans ce film beaucoup d’ingrédients des films précédents, sur le même sujet : les vols hasardeux dans le brouillard, la mort à l’atterrissage, le chef d’exploitation inflexible et distant. Il calme ici ses nerfs en faisant des maquettes d’avions ! A la fin du film, l’épouse attendant en vain son mari, rappelle inévitablement « Night flight » (1933). Le principal problème avec le film de la Paramount était qu’il arrivait quinze ans trop tard ! Pour faire sa promotion, Paul Mantz, vola de la côte ouest à la côte est des Etats-Unis, dans un P-51C rouge appelé « Blaze of noon », en six heures sept minutes, battant ainsi un nouveau record pour avion monomoteur à hélice. Mais malgré de tels efforts, le film ne rencontra pas beaucoup de succès. Les grands jours des facteurs volants étaient passés depuis longtemps, et le public désirait des films plus en accord avec le moment, c’est à dire des films sur les nouveaux développements de l’aéronautique, tels que les jets, les fusées et le passage du mur du son. Suite à cet échec, on ne tourna plus de films sur le courrier jusqu’en 1984, et le film « The aviator » de George Miller, basé sur une histoire du même Ernest Gann.

 

Les avions du film :

Le tournage eut lieu à Pomona airport (Los Angeles), qui remplace l’aéroport de Newark, près de New-York. Ce petit terrain a disparu depuis, sous les lotissements.

Au début du film, lors d’un bref rappel de l’importance du courrier aérien, plusieurs appareils apparaissent sur des documents filmés : un Douglas DC-3 d’United Airlines, un DC-4, un Lockheed Constellation, un DH-4, le Ryan de Lindbergh  et même un Curtiss Pusher qui n’a sans doute jamais transporté de courrier.

Quand ils travaillent dans un cirque, les frères McDonald volent sur deux Travel Air 4000, dont un équipé d’un support sur l’aile supérieure pour maintenir l’acrobate ; il n’était plus question, en effet, de marcher sur les ailes, comme sur les bons vieux Curtiss Jenny, dont on aperçoit un exemplaire sur l’aéroport de Pomona. Porkie Scott atterrit après quelques acrobaties dans un Boeing 100, sans appui tête, qui est sans doute celui que Paul Mantz avait acquis en 1936.

Les principaux avions du film sont deux Pitcairn Super Sport Mailwing, de 1929, un PA-7S (NC54W, c/n 144) et un PA-7M (NC95W, c/n 147). Ce dernier, après avoir servi dans la poste aérienne, notamment avec « Eastern Air Transport Inc.», fut racheté par Paul Mantz et basé à Los Angeles ; il apparut dans « Bright eyes » (1934) avec Shirley Temple, et « Pilot X » (1937) d’Elmer Clifton. Howard Hughes, Jackie Cochran, Jimmy Stewart, le pilotèrent. Il fut vendu lors de la dispersion de la Tallmantz collection en 1968. Il appartient aujourd’hui à l’ « Experimental Aircraft Association Inc. » d’Oshkosh (Wi.) où il est exposé dans le Harold Pitcairn Museum. Le N54W figura également dans la collection de la société Tallmantz jusqu’en 1974, date à laquelle il fut vendu à un particulier de Philadelphie (PA).

 

 Christian Santoir

 *Film disponible sur  YouTube

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