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FURTIF

FURTIF

Vo. Stealth

 

Année : 2005
Pays : Etats-Unis
Durée : 2 h. 1 min.
Genre : action
Couleur

Réalisateur : Rob COHEN
Scénario : W.D. RICHTER

Acteurs principaux :
Josh LUCAS     (Lt. Ben Gannon), Jessica BIEL (Lt. Kara Wade), Jamie FOXX (Lt. Henry Purcell), Sam SHEPARD (Capt. George Cummings), Richard ROXBURGH (Dr. Keith Orbit), Joe MORTON (Capt. Dick Marshfield), Ian BLISS (Lt. Aaron Shaftsbury)

Musique : BT
Photographie : Dean SEMLER
Producteurs : Mike MEDAVOY, Neal H. MORITZ, Laura ZISKIN
Compagnie productrices : Columbia Pictures Corporation, Original Film, Phoenix Pictures, Laura Ziskin Productions, AFG Talons Productions.

Aéronefs :

  • - Boeing F/A-18C Hornet, en arrière plan
  • - Boeing F/A-18E/F Super Hornet, idem
  • - Grumman E-2 Hawkeye, idem
  • - Sikorsky SH-60 Seahawk, idem
  • - MBB / Kawasaki BK 117
  • - Mil Mi-8LTV-1 ER-MHZ
  • - Sukhoi Su-30, images

 

Notre avis :

Ce film traite d'un sujet tout à  fait d'actualité, l'homme face à  l'intelligence artificielle. Il y a quelques années l'informatique avait été créée pour aider l'homme, dans ses tâches multiples et de plus en plus complexes. Puis, des machines numérisées commencèrent à  remplacer l'homme dans les usines, ou pour effectuer des travaux dangereux. Maintenant, l'homme a  appris aux ordinateurs, non seulement à  accumuler des informations et à  les traiter, mais à  faire, de lui-même, des choix, voire, à  s'instruire tout seul...Les capacités du numérique étant exponentielles, alors que le cerveau de l'homme est plus limité, on ne sait où tout cela va finir. Va-t-on être dominé par des algorithmes ? Les robots, sous diverses formes, seront t-ils toujours sous notre coupe, ou vont-ils, à  un moment donné, prendre leur indépendance en concurrençant leurs créateur ? Rappelons que "science sans conscience, n'est que ruine de l'âme" (Rabelais-1542)...

Dans un futur proche, la Marine américaine développe un programme aéronautique destiné à  lutter contre le terrorisme international et les ennemis des USA, d'une façon rapide et précise. Le capitaine George Cummings est chargé de développer une nouvelle technologie pour atteindre ces objectifs. Ce projet développe d'abord trois avions F/A-37 Talon, des chasseurs monoplaces ayant une capacité d'emport exceptionnelle, une vitesse hypersonique, et des capacités furtives. Trois pilotes sont sélectionnés : le fringuant lieutenant Ben Gannon, le garçon manqué, le lieutenant Kara Wade, et le calme lieutenant Henry Purcell. Cummings fait appel au Dr. Keith Orbit pour développer une intelligence artificielle, basée sur un ordinateur quantique, qui pilotera l'"EDI" (Extreme Deep Invader) qui sera un drone de combat. Ces aéronefs sont déployés sur le porte-avions USS "Abraham Lincoln" (CV-72), dans la mer des Philippines, les pilotes devant apprendre au drone les manoeuvres de combat. C'est alors que l'équipe reçoit pour mission d'éliminer trois terroristes, en réunion dans un immeuble à  Rangoon. EDI calcule que seule une attaque à  la verticale peut détruire l'immeuble, une manoeuvre qu'un humain ne pourra réaliser sans casse...EDI reçoit l'ordre du commandement de passer à  l'attaque, mais Gannon ignore cet ordre, et parvient à  frapper l'immeuble avec succès. Au retour, EDI, en finale, est frappé par la foudre, ce qui a pour conséquence de reprogrammer son modèle neuronal. Les informaticiens découvrent alors que la centrale du drone apprend de façon exponentielle et qu'elle a développé un code éthique élémentaire et aussi un égo ! La prochaine mission consiste à  détruire plusieurs ogives nucléaires dérobées et cachées au Tadjikistan. Vu les potentiels dommages collatéraux, les pilotes décident d'abandonner la mission, mais EDI défie les ordres et détruit les ogives, les radiations se répandant dans une vallée habitée toute proche...Cummings ordonne qu' EDI soit ramené à  la base, mais le drone refuse. Gannon donne alors l'ordre de l'abattre. Purcell tire sur lui, mais de trop près; aveuglé, il heurte un flanc de montagne ! Les débris de l'explosion endommagent en outre, une aile du F-37 de Wade. Elle doit finalement s'éjecter au-dessus de la Corée du nord ! Gannon poursuit EDI jusqu'au-dessus du territoire russe et ils sont interceptés par deux chasseurs qui sont abattus. Gannon essaie alors de sauver Wade pour éviter que le drone ne tombe dans des mains ennemies. Cummings lui conseille d'atterrir d'abord en Alaska. Une fois atterri, Gannon manque de se faire tuer par un médecin ! Cummings et son conseiller financier sont responsables du comportement d'EDI et Cummings est menacé de la cour martiale et de dégradation. Il cherche à  éliminer des témoins en laissant Wade aux mains des Nord-coréens et en ayant essayé de faire tuer Gannon. Il a aussi demandé à  Orbit d'effacer les données d'EDI, pour s'assurer de son silence, mais Orbit s'est aperçu que le "cerveau" d'EDI a évolué et qu'il est capable d'avoir des sentiments. Excité par cette découverte, il renonce à  effacer la mémoire d'EDI. Gannon repart en Corée du Nord, avec le drone qui peut être piloté manuellement. Il rejoint Wade qui est parvenue à  s'approcher de la frontière de la Corée du Sud. Il la retrouve sous le feu des gardes nord-coréens. Un héiicoptère attaque l'EDI et l'endommage; à court de munition, EDI se précipite sur lui ! Pendant ce temps, Gannon et Wade ont pu franchir la frontière à  pied. Quant à  Cummings, mis aux arrêts par le commandant du porte-avions, il s'est suicidé. Après les funérailles de Purcell, Gannon avoue son amour à  Wade...

Finalement EDI avait du "coeur", artificiel, bien sûr. Il avait été contaminé par la sensibilité humaine, la faiblesse et la grandeur de l'Homme...

Le film fut tourné en Thaïlande, en Australie (parc national de Blue Mountains, dans la Nouvelle Galles du sud et dans les Flinders Ranges, en Australie du sud) et en Nouvelle Zélande. Le tournage employa pas moins de cinq pilotes d'hélicoptère, dont Alan Purwin qui devait trouver la mort, juste après le tournage de "Barry Seal : American Traffic" (2017). La société Clay Lacy Aviation fournit également un Learjet. Mais tous ces appareils se consacrèrent uniquement aux prises de vues du sol, vu des airs, qui servirent d'arrière plan pour les scènes aériennes; mais celles-ci ne furent réalisées qu'en images de synthèse par plus de trois cent artistes digitaux. Le film bénéficia de la collaboration de l'US Navy et des équipages de pas moins de quatre porte-avions. "Stealth" qui peut passer plus pour un film de science fiction que d'un film d'aviation, fut donc pris au sérieux par la Navy...

 

Les avions du film :

Le fictif F/A-37 Talon furtif se caractérise par des ailes à  géométrie variable, en flèche inversée, un système appelé "Switchblade". Le Talon est très fortement inspiré d'un projet de Northrop-Grumman (brevet US005984231A) datant de 1998 et jamais réalisé. Cet avion peut voler à  plus de mach 4, avec un rayon d'action d'au moins 7 400 km, propulsé par deux moteurs, à  ondes de détonation pulsées. Le F-37 se moque des distances, partant de la mer des Philippines, il intervient en Birmanie, puis au Tadjikistan, traverse, en un seul coup d'aile, la Russie, la Corée du Nord, pour atteindre l'Alaska, une promenade de plus de 9 000 km !.

L'autre "vedette" est le drone "EDI", parfaitement autonome, peut être même trop. C'est une aile delta, à  l'aérodynamique plus compliquée que celle des drones existants, aux formes plus dépouillées et quasi identiques, comme le Northrop Grumman X-47A/B (2011), le Dassault Neuron (2012), le Lijian chinois (2013), le projet Taramis anglais (2013) ou le MiG Skat russe (2018). Ces drones ne sont plus des appareils d'observation (comme le furent les premiers avions militaires, avant 1914), mais sont conçus pour devenir des appareils de combat autonomes, des UCAV (Unmanned Combat Air Vehicle) pouvant faire face à  des situations difficiles et lancer des attaques au sol, voire, plus tard, effectuer seuls, des missions de supériorité aérienne.

On note que l'EDI a un train plutôt frêle pour un avion STOVL (Short Take-Off and Vertical Landing), qui est susceptible d'être catapulté. Plusieurs maquettes de l'EDI furent construites pour le tournage.

Les images des F-37, sur le pont, à  l'atterrissage ou au décollage, sont de bonne qualité et très réalistes, au point que certains médias ont pris la photo d'un F-37 sur le pont d'un porte-avions, pour un vrai cliché prouvant que l'avion de Northrop-Grumman était en cours d'essais ! Par contre, les évolutions du Talon, comme celles de l'EDI, ne sont absolument pas crédibles, comme quand l'EDI, poursuivi à  grande vitesse par un chasseur russe, fait un 180°, à  plat, pour lui faire face et l'abattre ! En outre, on assiste, à  cette occasion, à un véritable dog-fight  plus de mach 1), avec des tirs de canons, genre 1939-1945, qui sont, certes très photogéniques et spectaculaires, mais qui ne sont plus du tout d'actualité. Aujourd'hui, comme dans le futur, les adversaires se voient sur leur radar, ou pas du tout, et c'est un missile qui descend l'ennemi. Le nouveau Lockheed-Martin F-35 Lightning II n'emporte qu'un seul canon de 25 mm, mais plusieurs missiles air-air en soute ou sous les ailes.

En outre, on a droit à  plusieurs scènes dignes de "Star War", avec des avions volant à  pleine vitesse, dans les avenues de Rangoon, ou au fond des vallées du Tadjikistan. Le F-37 et l'EDI se comportent comme les T-70 et les TIE, dans les premiers films de cette série de science-fiction.

Les F-37 et le drone se ravitaillent auprès d'un immense dirigeable, volant en cercle, à  une très haute altitude. Ce dirigeable en image de synthèse, ne ressemble à  rien de connu.

Les vrais avions, les seuls qui nous intéressent, sont vus, au sol, ou plus exactement sur le pont d'un porte-avions, l'USS "Abraham Lincoln" (CVN-72). Mais à  l'évidence, des scènes furent tournées également sur l'USS "Carl Vinson" (CVN-70), sur l'USS "John C. Stennis" (CVN-74) et sur l'USS "Nimitz" (CVN-68), sur lequel se termine le film, avec la cérémonie commémorant la mort de Purcell. Les numéros de ces bâtiments apparaissant sur leurs îlots.

Le premier appareil que l'on voit, sur l'USS "Abraham Lincoln", est un Boeing F/A-18C Hornet, modex 210, de la VMFA-314 "The black knights", une unité des Marines. En janvier 2003, elle fut déployée sur le "Carl Vinson", pour une croisière de neuf mois en appui de la 7ème Flotte, dans le Pacifique ouest. Juste à  côté, est garé un autre F/A-18, appartenant de la VFA-22  "Fighting Redcocks" de la CVW-9.

On aperçoit également un Grumman E-2C Hawkeye (BuNo 164352, c/n A145) de la VAW-112 (Carrier Airborne Early Warning Squadron 112) "Golden Hawks", tail code NG, modex 602, du CVW-9 de l'USS "Carl Vinson". On en voit un autre, la nuit, avec le modex 640..

Garé à côté, il y a un F/A-18C Hornet de la VFA-147 (Strike Fighter Squadron 147) "Argonauts", modex 406, du CVW-9, présent de janvier à  juillet 2005, sur le "Carl Vinson". Plus tard, on aperçoit  un autre F/A-18C avec le modex 213, au moment où un F-37 atterrit sur l' "Abraham Lincoln".

Deux F/A-18F Super Hornet portent les modex 342 et 343. Le F/A-18E/F portant le modex 134, appartient à  la VFA-122 "Flying eagles", une unité basée à  terre (NAS Lemoore CA), n'ayant pas d'affectation particulière sur un porte-avions. Il s'agit du West Coast Fleet Replacement Squadron (FRS) pour les F/A-18C Hornet et F/A-18E/F Super Hornet. La VFA-122 fournit également le "TacDemo", le Super Hornet Tactical Demonstration Team.

Il y a sur l'USS "Carl Vinson", un Northrop Grumman EA-6B Prowler modex 554, et un autre avec le BuNo.163403, qui fut réformé le 26 mai 2005 et ferraillé en juin 2007.

Sur le "Nimitz", à  la fin du film, on voit les avions du CVW-11, portant le tail code "NH", dont un Hornet F/A-18C de la VFMA-232 "Red devils", et à côté, un F/A-18F Super Hornet de la VFA-41 "Black Aces", dont le commandant de l'"Abraham Lincoln" porte le badge sur son blouson.

On peut distinguer deux Lockheed S-3B Viking, sur le "Carl Vinson", dont celui de la VS-33 "Screwbirds" du CVW-9. Le Viking vivait là  ses derniers jours, la VS-33 étant dissoute en 2005 et le Viking devant être retiré des unités actives, en 2009.

Des soldats nord-coréens débarquent d'un MBB / Kawasaki BK 117, sans aucune marque, excepté le numéro "163" et les cocardes de nationalité. Il est non identifiable, peut-être australien, la séquence nord-coréenne ayant été filmé en Australie.

Le second hélicoptère nord-coréen est un Mil Mi-8MTV-1 portant le numéro "148", plus conforme avec le matériel des forces aériennes de ce pays. Mais il s'agit d'un hélico moldave (ER-MHZ, ex RA-22503, c/n 96078,) présent en mai 2004, à  Sydney, pour le tournage. Cet appareil était depuis 2001, exploité par la société néo-zélandaise Heli Harvest, travaillant dans la foresterie, et qui exploitait trois autres Mil Mi-8. En 2011 et 2013, il est vu en Afghanistan (sur la base de Kandahar) et en 2018, il était toujours inscrit sur le registre moldave.

On aperçoit sur les ponts, plusieurs hélicoptères Sikorsky MH-60R et MH-60S Seahawk, appartenant à  des unités d'assaut.

Enfin, ce sont deux Sukhoi Su-30 Flanker russes qui attaquent Gannon et le drone, et non des Su-37 Terminator, comme prétendu par Gannon...Ce dernier modèle était monoplace et ne resta qu'à  l'état de prototype, abandonné depuis. Ces deux Su-30 sont reproduits en images de synthèse. Ils portent un camouflage style "désert", deux tons, identique à  celui du vrai Su-37 qui avait été proposé à  l'exportation, pour les pays du Golfe.).

 

Christian Santoir

 *Film disponible sur amazon.fr

 


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