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Torpedonostsy

 

TORPEDONOSTSY

Vo. Торпедоносцы

(Bombardiers torpilleurs)

 

 

Année : 1983
Pays : URSS
Durée : 1 h 36 min.
Genre : guerre
Couleur

Réalisateur : Semyon Aranovich
Scénario: Svetlana Karmalita, d’après une nouvelle de Yuri GUerman

Principaux acteurs :
Rodion Nahapetov (Sacha Bélabrov) Aleksei Zharkov (Tchérépets)  Andrei Boltnev (Gavrilov), Stanislav Sadalsky (Dmitienko), Tatyana Kravchenko (Maroussa), Vera Glagoleva (Choura), Nadezhda Lukashevich (Nastia)

Musique Alexandre KNAÏFEL
Photo : Vladimir ILYINE
Production : Lenfilm  St Petersbourg

 

Notre avis :

Ce film est dédié aux pilotes de la Flotte soviétique du Nord et tourné en collaboration avec cette même Flotte. Deux ans auparavant, la réalisatrice Yevgenia Zhigulenko avait réalisé un film sur les femmes pilotes russes de la seconde guerre mondiale appelées « Les sorcières de la nuit » qui, aux commandes de petits biplans, allaient harceler nuitamment les lignes allemandes. Ces films qui glorifient la grande armée rouge et ses valeureux combattants, hommes ou femmes, sortent alors que l’armée soviétique est en Afghanistan, depuis 1979. Etait-ce une simple coïncidence ?

TORPEDONOSTNY raconte une semaine de la vie sur une base d’avions torpilleurs opérant dans la mer du Nord, en 1944. C’est le front, mais aussi l’arrière, car les pilotes habitent avec leurs familles dans des maisons communautaires. Chaque mission peut être la dernière. Le capitaine Sacha Bélabrov revient dans son escadrille après une assez longue convalescence. Il apprend que sa fiancée Nastia s’est entre-temps mariée à un autre pilote. Peu après, le mari de Nastia ainsi que celui de son amie Choura ne rentrent pas de mission. Sacha pense qu’il va pouvoir se rapprocher de sa bien aimée mais celle-ci hésite. Choura quitte la base par bateau, avec son enfant. Alors qu’il effectue, juste après, une mission contre un sous marin allemand, Sacha découvre que le bateau de Choura a été coulé sans aucun survivant. Son avion est touché et il périt dans son avion en flamme.

Ce mélodrame un peu banal et triste comme la guerre a été filmé avec un grand souci des détails. Les conseillers techniques ont fait du bon travail ; véhicules, équipements, sans parler des avions, correspondent bien à l’époque. La flotte russe fournit quelques bateaux pas trop modernes et un sous marin de la classe Whiskey, un modèle construit en 1949. Pour faire encore plus vrai, le film utilise un grand nombre de documents d’actualité montrant des équipages de la Kriegsmarine au combat, ou des avions russes du modèle de ceux utilisés par la production. La qualité de ces documents leur a permis d’être insérés, lors du montage, dans des scènes filmées en noir et blanc pour mieux se fondre avec. Cette astuce marche assez bien, au point que, parfois, il est difficile de faire la différence entre ces bouts de films et ce qui a été filmé sur le plateau.

TORPEDONOSTNY se termine par une longue galerie de portraits de pilotes de la Flotte morts au combat. C’est à n’en pas douter, un film patriotique.

 

Les avions du film :

L’Ilyushin Il-4T est le principal avion du film. Le Il-4T est la version lance torpille de ce bombardier moyen qui fut le plus employé par les Soviétiques pendant toute la seconde guerre mondiale. Le film semble utiliser un modèle authentique dont les moteurs tournent et que l’on peut voir au roulage. Cet avion pose problème. D’où sort-il ? Nous connaissons un seul Il-4 en exposition au musée du Parc de la Victoire à Moscou, mais cet avion fut trouvé en 1994 à la frontière sino-soviétique et restauré en 2004 seulement. Le musée de Monino à un autre Ilyushin, mais c’est un DB 3 avec une tourelle de mitrailleuse à l’avant et il ne fut restauré qu’en 1988. Etait-il exposé sur une base aérienne ? Les Finlandais acquirent quatre Il-4 auprès des Allemands en 1942 ; est-ce l’un d’eux ? On nage donc en plein mystère ! Mystère que nous espérons éclaircir un jour…

Cet exemplaire unique est remplacé en vol par des films d’actualité et des maquettes volantes. L’avion est filmé de prés (ce qui permet de constater qu’il ne s’agit pas d’une maquette). On remarquera le navigateur gravissant une longue échelle pour accéder à son poste dans la pointe avant de l’appareil à plus de trois mètres du sol; le pilote s’aidant de la rampe fixée sur le coté gauche du fuselage pour rejoindre son cockpit ; le mitrailleur qui faisait également office de radio, escaladant le fuselage au moyen de trappes escamotables, mais on ne le voit pas entrer dans sa tourelle qui s’ouvrait sur le dessus. La caméra s’attarde sur les membres de l’équipage branchant leur fiche d’intercom, et ce, à juste titre, ce dispositif étant fondamental sur l’Il-4 car les membres de l’équipage étaient isolés dans leur poste. Les vues intérieures de l’appareil montrent l’étroitesse de cet appareil. Sur le IL-4 un quatrième homme était embarqué pour manoeuvrer la mitrailleuse inférieure. Il est vrai qu’au début, comme montré dans le film, le quatrième homme provenait du personnel non naviguant : administratif, voire officier d’Etat Major !

L’hydravion Beriev MBR-2 que l’on ne voit voler que sur des films d’actualité, est vraisemblablement une maquette grandeur nature. Il est aussi doublé par un de ses descendants, un Beriev BE-12 Tchaika qui fait un passage à basse altitude, ses turbopropulseurs crachant de longues fumées noires. Une autre maquette à l’échelle 1 de Messerschmitt Bf109 figure un chasseur allemand abattu.

Des extraits de reportage de guerre montrent divers appareils : un Junkers Ju 88, un torpilleur Bristol Beaufort faisant des passes à très basse altitude sur des navires, un Sukhoi 2 s’alignant sur la piste pour décoller, un mécanicien s’affairant sur un Mig-3, et à la fin du film, une formation de Yak 9D.

 

Christian Santoir

*Film disponible sur  amazon.fr

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